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Konami Code : origine et postérité d'un cheat code culte

· 6 min de lecture

Konami Code : origine et postérité d'un cheat code culte
Photo : William Warby / Unsplash

Haut, haut, bas, bas, gauche, droite, gauche, droite, B, A, Start. Onze pressions de boutons que beaucoup de joueurs savent réciter sans réfléchir, même sans avoir jamais touché une manette NES. Cette suite, connue dans le monde entier sous le nom de Konami Code, fête cette année ses quarante ans, un anniversaire que plusieurs médias ont rattaché à la sortie de Gradius sur NES en 1986, comme l’a rappelé ComicBook.com. Elle n’était pourtant censée survivre ni à la sortie du jeu, ni surtout aux quatre décennies qui ont suivi.

Un bug resté dans Gradius

Le code naît du travail de Kazuhisa Hashimoto, chargé de porter Gradius, le shoot’em up arcade de 1985, sur la console NES l’année suivante, d’après sa biographie sur Wikipédia. Hashimoto n’avait pas eu le temps de s’entraîner sur la version arcade et peinait à la terminer pendant les phases de test. Sa solution : une combinaison qui distribue d’un coup tous les power-up du vaisseau, normalement obtenus au fil de la partie.

Dans un entretien traduit et republié par glitterberri.com, il résume sa logique avec une simplicité désarmante : puisque c’était lui qui allait l’utiliser en premier, il l’a rendu facile à retenir. Le code devait disparaître avant la sortie commerciale. Il est resté dans le jeu final, apparemment par simple oubli, et les joueurs l’ont repéré presque aussitôt.

Écran-titre du jeu Gradius sur borne d'arcade Konami, 1985
Image : Gradius

Contra en fait un abonnement à vie

Le code apparaît d’abord dans Gradius, mais c’est Contra, sorti sur NES en 1988, qui le rend incontournable en Amérique du Nord. Là, il distribue trente vies d’un coup plutôt qu’un plein de power-up, ce qui lui vaut deux surnoms qui ont traversé les décennies : le Contra Code et le 30 Lives Code, selon la page que Wikipédia consacre au sujet. Contra a la réputation d’être redoutable en solo, et la combinaison finit par devenir un passage quasi obligé pour le terminer sans y laisser la totalité de son week-end. Détail amusant : la saisir à l’envers fonctionne tout aussi bien et donne le même bonus.

Konami n’a jamais vraiment arrêté de l’utiliser

Une fois le filon trouvé, Konami l’a réutilisé sans complexe dans une bonne partie de son catalogue des années 1980 et 1990. Le cas le plus surprenant date d’il y a deux ans à peine. En 2024, des développeurs amateurs surnommés Liquid Cat et Moises ont mis au jour une variante totalement inédite du code dans Castlevania: Legacy of Darkness, sorti sur Nintendo 64 en 1999, une découverte détaillée par RetroDodo. Cette version, plus longue et construite autour des boutons C de la manette N64, débloque tous les personnages jouables et leurs costumes alternatifs dès le début de la partie. Vingt-cinq ans après la sortie du jeu, personne ne l’avait documentée.

Hashimoto, lui, est resté chez Konami jusqu’à la fin de sa carrière. Il a travaillé sur le portage NES de Track & Field, conçu un contrôleur dédié pour ce même jeu, puis participé à des titres comme The Goonies ou Legend of the Mystical Ninja. Il est mort le 25 février 2020, à 61 ans, quelques semaines avant que le monde entier ne s’arrête pour d’autres raisons, ce qui a discrètement éclipsé les hommages qui lui étaient destinés, comme l’a rapporté NPR à l’époque.

De la manette NES aux barres d’adresse

Bien avant les easter eggs des sites web actuels, Google avait déjà glissé le code dans Google Reader, repéré et documenté par TechCrunch en juin 2008. Suivent ESPN.com, qui fait pleuvoir arcs-en-ciel et licornes sur la page en 2009, Facebook la même année avec un effet de reflet d’objectif au clic, et Digg, où la combinaison déplie automatiquement les commentaires imbriqués avant de se transformer, plus tard, en un Rickroll pur et simple. En 2010, Newsweek.com pousse le concept plus loin en remplaçant tous les titres de la page par des références à une invasion de zombies, d’après une sélection d’easter eggs du web réunie par le Daily Dot.

La séquence a fini par sortir du cadre du web pour s’inviter au cinéma. Dans Wreck-It Ralph, sorti en 2012, le personnage du roi Candy tape le code sur une porte en forme de manette NES géante pour accéder à la salle qui abrite le code source du jeu Sugar Rush, rappelle la page Wikipédia consacrée au Konami Code.

Toujours vivant, quarante ans plus tard

Loin de s’essouffler, le code continue d’apparaître dans des jeux sortis bien après la mort commerciale de la NES. Dans BioShock Infinite (2013), le saisir depuis le menu principal débloque le mode 1999, la difficulté la plus punitive du jeu. Le studio Irrational Games a confirmé qu’il s’agissait d’un choix volontaire du directeur de la conception Bill Gardner, et le directeur créatif Ken Levine ne s’en cachait pas : « les joueurs moyens vont détester ce mode, tant pis, il n’est pas fait pour eux », confiait-il à PC Gamer.

Fortnite l’a repris à deux reprises : une première fois en octobre 2019, pendant l’évènement qui a clos le Chapitre 1, où la combinaison affichait un mini-jeu de tir rétro opposant Pizza Pit à Durr Burger sur l’écran du trou noir, rapporté à l’époque par Forbes, puis via une émote gratuite baptisée Up, Up, Trot Trot!, débloquée depuis le lobby avec la même suite de touches, comme l’a détaillé Distractify.

Plus récemment, Hollow Knight: Silksong, sorti en septembre 2025, cache dans son menu Extras une variante du code (haut, bas, haut, bas, gauche, droite, gauche, droite) qui débloque directement le mode Steel Soul, sans avoir à terminer le jeu au préalable, comme l’a détaillé DualShockers.

Exploration d'une zone forestière verdoyante dans Hollow Knight: Silksong
Image : Hollow Knight: Silksong

Un mot de passe qui a survécu à son inventeur

Ce qui frappe, avec le recul, c’est que le Konami Code n’a jamais eu besoin d’être compliqué pour durer. Il tient sur deux mains, se transmet à l’oral en quelques secondes, et chaque nouvelle génération de développeurs semble prendre un malin plaisir à le recaser quelque part, parfois pour de vrai, parfois pour un clin d’œil. Un peu comme une bibliothèque de jeux qui s’étale sur plusieurs consoles et plusieurs décennies : à un moment, on perd le fil de ce qu’on a vraiment fini et de ce qu’on a juste croisé en passant. Radion sert justement à garder une trace de tout ça, en réunissant les bibliothèques Steam, Xbox, PlayStation et Nintendo au même endroit. Ça ne fera pas retrouver un code caché dans un vieux jeu N64, mais ça aide au moins à se souvenir qu’on l’a fini.

Prêt à reprendre le contrôle de votre collection de jeux ?

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Sources

  1. comicbook.com comme l'a rappelé ComicBook.com
  2. en.wikipedia.org Wikipédia
  3. glitterberri.com glitterberri.com
  4. en.wikipedia.org Wikipédia
  5. retrododo.com RetroDodo
  6. npr.org NPR
  7. techcrunch.com repéré et documenté par TechCrunch en juin 2008
  8. dailydot.com d'après une sélection d'easter eggs du web réunie par le Daily Dot
  9. pcgamer.com confiait-il à PC Gamer
  10. forbes.com rapporté à l'époque par Forbes
  11. distractify.com comme l'a détaillé Distractify
  12. dualshockers.com comme l'a détaillé DualShockers